Présent au Comicon 2017 de Naples (en Italie) le weekend dernier, Toyotarō le dessinateur du manga Dragon Ball Super nous avais déjà dévoilé que l’histoire de Dragon Ball Super rejoindrait la fin de l’œuvre originale Dragon Ball et la série animée Dragon Ball Z : avec le 28ème Tenka Ichi Budōkai et donc l’apparition d’Oob.

Grâce au site italien Wired nous avons l’occasion de vous proposer une traduction de l’entretien qu’à pu faire Toyotarō non seulement au sujet de son travail sur Dragon Ball Super et avec Akira Toriyama, mais également sur d’autres sujets 😉

Photo par Dragon Ball Italia

Photo par Dragon Ball Italia

Interview de Toyotarō

-Qu’est-ce que ça fait de passer de fan lambda de Dragon Ball à auteur de l’une des licences les plus mythiques de l’histoire du manga ?
TOYOTARŌ – Niveau sentiment, rien n’a changé de mon côté, je ressens toujours autant d’amour pour cette licence, et ce depuis mon enfance. Niveau responsabilité en revanche, ça change du tout au tout : aujourd’hui, mon travail est de séduire le plus grand nombre de fans possibles et de faire passer un message. Je ne veux pas qu’ils se sentent trahis en lisant ce que je fais, et j’y mets beaucoup du mien pour tenter de conserver le charme authentique de la franchise.

-À vous entendre, vous vous sentez comme « redevable » ?
TOYOTARŌ – Il y a deux choses tout aussi importantes pour moi que l’objectif premier qui est de ne pas décevoir les fans : m’amuser, et donner du plaisir. Ce sentiment, j’essaye de le transposer à travers chacune de mes pages, et ça me permet de faire des choses intéressantes et créatives.

-Il paraît que Toriyama joue un rôle important dans votre travail, c’est vrai ?
TOYOTARŌ – Pas seulement le mien : Il supervise absolument tous les story-boards liés à l’univers Dragon Ball.

-Il y a quelques mois, Toriyama disait que vous étiez celui qui se rapprochait le plus de son style, tous mangakas confondus. Il a aussi dit que vous aviez ce style dynamique que lui  aurait perdu. Il vous a alors demandé de prendre des libertés, déclarant qu’il serait curieux du résultat. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
TOYOTARŌ – Je prends quelques libertés. Et même s’il est vrai que pour un fan comme moi, recevoir l’accord du maître sur mon style est important, ce que je préfère c’est d’avoir son accord sur mes idées originales : les nouvelles techniques, et autres nouvelles expressions. Et quelque chose d’autre encore, que je ne peux pas dire.

-Depuis l’arc concernant la Survie de l’Univers, vous êtes devenu character-designer pour Dragon Ball Super. Quelle approche avez-vous tentée avec ces personnages ?
TOYOTARŌ – Ce fut très éprouvant, surtout pour les nouveaux dieux de la destruction. Pour expliquer aux novices, bien que ce soient des « dieux de la destruction », les dieux en eux-mêmes ne sont pas des ennemis d’un point de vue narratif. De fait, ils ne pouvaient pas avoir un visage trop menaçant, mais ils devaient être un minimum charismatique… Arriver à une osmose parfaite fut très délicat.

-Vous connaissez des BD occidentales ?
TOYOTARŌ – Bien sûr, et plus que ça, j’apprécie beaucoup le style de travail de Disney et leur façon de planifier les histoires avec non seulement une approche multimédia, mais aussi une approche intermédia. C’est pour ça que parmi toutes leurs productions, ma préférée est Star Wars.

-Dragon Ball fonctionne plus ou moins de la même façon, dans son genre littéraire : L’univers a d’abord été raconté sur papier, puis à la télévision, puis avec la tonne de jeux vidéos, goodies, figurines et autres spin-off…
TOYOTARŌ – Ce que j’appelle « le mélange des supports » est une stratégie très efficace. Non seulement, car elle donne l’opportunité d’étendre l’univers, mais aussi car elle permet d’intercepter un grand nombre de personnes de différents supports. Quel auteur pourrait cracher là-dessus, alors que ça permet d’augmenter le nombre de personnes qui suivent mon travail ?

-Est-ce que ça change votre façon de dessiner ou de scénariser le manga ?
TOYOTARŌ – Non, certainement pas. La priorité pour moi, c’est le manga. Je ne peux pas me permettre d’être influencés par d’autres médias.

-Au fait, vous connaissez des auteurs italiens ?
TOYOTARŌ – Pour être honnête, aucun avant d’arriver à Naples. Ces derniers jours, j’ai rencontré Zerocalcare, Roberto Recchioni, Giacomo Bevilacqua, Sio, Mirka Andolfi et Riccardo Ferri. Ils m’ont tous offert leurs bandes dessinés, que je lit actuellement, et j’apprécie plutôt le rendu.

-Quel serait la plus grosse différence entre votre approche du travail et l’approche italienne ?
TOYOTARŌ – En Italie, j’ai l’impression que le plus important réside sur la beauté du dessin, sur l’élégance et sur le storyboard. Ça doit vous venir de votre histoire, vous dégagez une sorte d’élégance à travers le monde. En revanche, au Japon, il est fréquent qu’un dessinateur très mauvais devienne populaire : Si l’histoire racontée est intéressante, alors le manga trouvera ses fidèles, et ce peu importe les dessins.

-Y a-t-il un manga japonais qui vous plaît actuellement ?
TOYOTARŌ – Sans l’ombre d’un doute, je dirais My Hero Academia.

-Avant de conclure, un mot sur le prochain arc de Dragon Ball Super ?
TOYOTARŌ – Tout ce que je peux dire, c’est que si vous pensiez connaître l’équipe finale pour le Tournoi du Pouvoir, vous vous mettez un doigt dans l’œil.

 

Merci à Psykomatik pour la traduction / Merci à Maxime Chauvin pour la colo.