Avec les Tsume Fan Days 3 qui se sont déroulés les 12 et 13 septembre 2015, nous avons l’opportunité de rencontrer Cyril Marchiol, PDG de Tsume et de l’interviewer.

En complément de notre résumé de ce weekend de folie, nous vous invitons à découvrir cette interview :

DBU : Bonjour Cyril,

et merci pour le weekend d’exception que tu nous as fait vivre avec les Tsume Fan Days 3.

Cyril Marchiol : Coucou ! C’est moi qui te remercie d’être venu.

Tu nous as fait pleurer, vibrer, frissonner… mais on imagine que tu dois avoir traversé pas mal de sentiments différents durant tout ce weekend. Quel a été ta première pensé à la fin des Tsume Fan Days ?

Le premier truc qui me vient à l’esprit c’est certainement le fait que c’est passé super vite. Tu te dis que c’est quasiment un an de boulot pour réaliser tout et au final c’est deux jours qui passent super vite. Donc il y a un sentiment de joie, car le stresse passe et tu te dis « ça y est, c’est fini »… Il n’y a plus tout ce stresse de vouloir faire plaisir aux gens, car on essaie toujours de faire les choses bien. Mais d’un autre côté, il y a la frustration. On se dit que c’est dommage qu’on ne puisse pas en profiter plus longtemps tous ensemble.

Je pense que c’est le cas de beaucoup de gens, mais on n’avait pas envie de partir. D’ailleurs, pas mal de gens sont restés assez longtemps après la fin. C’était assez difficile de partir pour tout le monde et on aurait aimé enchaîner avec une journée supplémentaire.

C’est des sentiments assez contrastés. On a envie de rester et à la fois pour toi c’est aussi super épuisant.

C’est clair. Les gens n’ont pas vu tout ce qu’il se passait à l’intérieur aussi. C’est compliqué, il y a beaucoup de choses à gérer et comme je le dis tout le temps ;  on est une équipe d’une vingtaine de personnes avec beaucoup de boulot déjà chaque jour (dans nos propres boulots), donc si on rajoute ce taf là…

Je pars du principe que quand on fait les choses soi-même elles sont mieux faites. C’est le sentiment que j’ai eu jusqu’à maintenant car on est passé par des prestataires, des gens externes… ça a toujours été très compliqué à gérer. Quand tu veux faire de la haute qualité, de la haute gamme il vaut mieux compter que sur soi-même.

Du coup, on n’a pas spécialement de personnes spécialisées dans l’évènementiel (au sein de l’équipe), mais par contre, on a des personnes qui veulent bien faire. Donc au moins on sait que la motivation et l’envie de bien faire est présente.

Parfois on « merde », mais c’est jamais avec l’envie de laisser tomber ou d’abandonner ou quoi que ce soit d’autre… On est toujours dans cette envie permanente de faire mieux.

On a pu constater que tout a été fait avec le cœur ; tu es très proche de ton équipe, tu es très proche des fans, des tes amis… est-ce là, justement, l’un des secrets de la réussite de Tsume ?

Je crois que la force de Tsume c’est de ne jamais abandonner et de respecter les gens tels qu’ils sont, et ce, depuis le début.

Personne dans l’équipe n’a jamais pris la grosse tête, car on est des vrais passionnés. Depuis le début. On n’a jamais menti là-dessus. Bien sûr, nous sommes une entreprise, donc nous avons des contraintes d’entreprise. Mais on a aussi les avantages d’une entreprise et on fait en sorte que les contraintes ne soient pas trop visibles et on met en avant ses avantages.

C’est quoi les avantages ? L’avantage d’avoir une entreprise qui marche et de pouvoir organiser un Fan Day, c’est, certes, quelque chose qui nous fait dépenser beaucoup d’argent, mais d’un autre côté c’est quelque chose qui nous permet de partager des moments exceptionnels avec les fans, qui nous permet de rencontrer les Chara Designer japonais… Quand j’ai rencontré les Character Designers, la première chose à laquelle j’ai pensé c’est « Il faut que tout le monde reparte avec un dessin ».

Ils m’ont dis « non, c’est beaucoup trop, on ne peut pas faire ça ». Je me suis battu pour qu’ils acceptent de faire les dessins pour tout le monde. C’est du jamais vu… car ça coûte beaucoup d’argent, c’est pas évident, MAIS… la force de Tsume – encore une fois – c’est de vouloir bien faire et d’essayer de se mettre à la place des gens… car on est à vôtre place en quelque sorte. On en profite aussi, de toute cette chance là ; Voir les Chara Designer, les serrer dans nos bras… savoir qu’ils nous ont aussi fait des dessins (pour toute l’équipe), alors qu’on ne leur avait même pas demandé ! Ils l’on fait naturellement.

Pour te dire, j’ai préféré… et on a TOUS préféré, au sein de l’équipe, qu’ils VOUS fassent des dessins à VOUS, plutôt qu’ils en fassent à l’équipe.

De même, le jour du départ… le mardi matin, ils nous avaient préparés une table remplie de Shikishi [planches dédicacées utilisées par les dessinateurs]. Ça c’est magnifique… C’est la preuve qu’il n’y a rien besoin de dire… car on a pensé à vous et eux ont pensés à nous.

La vraie force de ce weekend là, c’est que, que ce soit les clients, les partenaires… TOUT LE MONDE avait envie d’être là. Chacun était là dans une notion de respect des œuvres, des licences qu’on aime tous, mais aussi dans un respect humain… et ça créé une espèce de magie qui n’est pas explicable.

Je pense que tous ceux qui ont loupés le Fan Day cette année ne pourront jamais comprendre ce qu’il y avait cette année là. C’est pas un compte rendu ou quoi que ce soit d’autre qui pourra leur faire comprendre l’ambiance qu’il y avait ; cette espèce de magie, ce truc qui fait que quand on part on a l’impression de quitter une famille. Je pense que les gens vont nous prendre pour des mabouls quand je dis ça… Car quand tu vas un weekend dans un salon (ce qu’on appelle « un salon ») c’est pas la même chose.

On sent que tout le cœur a été mit à la réalisation de cet évènement, mais aussi à la réalisation des pièces magnifiques que vous nous sortez ; Bleach, Naruto, Dragon Ball… Mais tu as aussi annoncé l’acquisition de nouvelles licences durant cet évènement, est-ce que tu peux nous en parler ?

Oui, on a annoncé l’acquisition de Terra Formars. Pour la simple et bonne raison que je suis un grand fand e cette licence. Beaucoup de monde va sur L’Attaque des Titans, niveau figurine etc. Et Terra Formars est vachement délaissé. L’Attaque des Titans fait un buzz, mais moi j’ai vraiment plus d’affect avec Terra Formars et il faut dire qu’avec des figurines en résine il y a vraiment moyen de faire des trucs exceptionnels sur Terra Formars.

Si tu connais un petit peu, c’est série où il y a énormément de jeux de texture, puisque c’est principalement des Hommes Insectes (etc), ce qui faut qu’on va vraiment pouvoir s’amuser, rajouter un petit peu de réalisme (en terme de peinture, de sculpture etc). Il y a vraiment moyen de faire un truc super intéressant.

Ce qui est fort aussi c’est qu’on a récupéré les droits [de Terra Formars] pour Iki et pour Yoka. Il s’agit des deux nouvelles marques qu’on a lancé. Iki c’est une marque Fashion, que l’on a dévoilé sur place, aux Tsume Fan Days, et Yoka c’est une marque de jeux de société. Avec ça, on essaye de garder un concept très très proche des licences, allié avec un jeu possédant une mécanique vraiment intéressante.

Sur Terra Formars, on a donc Iki, Yoka et Tsume qui sont en accords. Et sur Goldorak, l’autre nouvelle licence, on lancera une grosse résine pour l’année prochaine.

C’est une excellente nouvelle, qui devrait ravir pas mal de monde !

Oui, surtout que… très sincèrement… sur Goldorak, pour ma part, je trouve qu’il n’y a rien qui vaut vraiment le coup – Je vais me faire des ennemis, mais bon… – Il n’y a rien de « valable » au niveau de ce que moi je recherche, en tout cas.

Par exemple, j’aimerai vraiment créer du dynamisme. Comme c’est un robot, il est très statique et moi j’aimerai vraiment réussir à trouver un moyen de rendre tout ça plus dynamique et plus classe.

C’est un gros pari ! Car rendre dynamique un mecha c’est toujours difficile, car il n’a pas les courbes d’un corps [humain], il n’a pas l’anatomie, tout ça… donc il va falloir jouer sur les effets, sur pas mal de choses pour donner une impression forte de mouvement.

On dirait que tu aimes relever des paris… Y’a-t-il d’autres licences que tu souhaiterais obtenir ?

Il y en a beaucoup que j’aimerai faire. Mais avec tout ce qu’on a déjà aujourd’hui… On grossi et on prend beaucoup sur la gueule donc au bout d’un moment je me dis qu’il faudrait que je me calme.

Si demain j’étais illimité et sûr à 100% de sa réussite, ouais il y a plein de choses que je ferais. Déjà, Jojo [Jojo’s Bizarre Adventure] c’est un truc que j’adorerais faire !

Je suis un gros fan de Jojo donc c’est clair que s’il y avait moyen de faire une statue – grosse et belle statue – de Jojo, je serais dessus tout de suite. Mais le souci c’est de savoir si commercialement on s’en sort… et puis, quand on a 20 employés, on a des charges fixes colossales, il faut donc réussir à trouver le juste milieu entre passion, business, et réussir à s’en sortir pour parvenir à payer les salaires.

Quand on était 4 ou 5 on pouvait faire des erreurs… se planter un petit peu. Là, maintenant, c’est vachement plus dur. Dès que tu te plante sur une statue et qu’elle reste en stock c’est des sommes astronomiques qui sont bloquées et ça peut vite faire mal. Il faut donc faire très attention en permanence.

En arpentant les diverses galeries de Tsume, on a pu voir des indices et des ébauches sur ce que pourraient être les prochaines statues. Qu’est-ce que tu peux annoncer au sujet des prochaines sorties ?

On a annoncé Aiolia de Saint Seiya, depuis un petit moment. C’est le prochain à sortir mais on n’a pas pu le montrer aux Fan Days, car on a eu des soucis d’approbation de dernière minute.

Car il faut savoir que tous nos produits sont approuvés par les ayants droits originaux. Il y a donc beaucoup de boulot, car tout doit être validé : du croquis, à la modélisation, en passant par l’impression et la sculpture, jusqu’à la peinture et les étapes de moulages… même le packaging, le produit terminé… bref, c’est colossal. Quelque chose qui pourrait se faire en quatre ou cinq mois peut parfois mettre un an.

Du coup on a pas mal d’ébauches en cours. Aiolia et certes le prochain à sortir, mais puisque tu tiens un site Dragon Ball je peux te révéler qu’à la fin de l’année, au mois dé décembre, on va tout faire pour lancer un nouveau produit sur lequel je me suis lancé le défi de faire le produit le plus technique jamais réalisé sur Dragon Ball.

Ca va être très très difficile à réaliser, mais on est déjà en train de se battre techniquement pour savoir comment on va réussir à le faire. On a vraiment l’ambition de changer la donne… de faire quelque chose d’impressionnant… Je l’avais dis avec Piccolo [Piccolo’s Redemption].

Il y avait eu pas mal de gens contents et pas mal de déceptions : une espèce de mélange bizarre. Mais c’est voulut, car ce que je voulais annoncer avec la sortie de Piccolo c’était mon envie de faire du cœur et pas des effets spéciaux dans tous les sens. J’avais vraiment exagéré là-dessus car je souhaitais faire une espèce de tri naturel, en me disant « les fans qui collectionneront du Tsume sont des gens qui ont compris la nature du plus grand de tous les Shônen ». C’était vraiment ce que je voulais dire.

Ce moment là [la scène du sacrifice de Piccolo] est tellement culte pour un vrai fan de Dragon Ball : le mec qui a suivi Dragon Ball depuis LE DEBUT, il sait donc à quel point Piccolo est puissant et impressionnant et ne peut donc pas passer à côté. C’est ce que je voulais mettre en avant sur cette statue.

En parlant de ce que tu souhaiterais mettre en avant, quelle vision souhaites-tu donner de la licence « Dragon Ball Z » ?

C’est difficile car ça nous a fait rêver dans tous les sens. Il y a tout. Il y a tellement de sentiments qui se mêlent à travers ça, que ça reste pour moi le plus grand Shônen.

Il est certain que l’évolution des personnages est super importante. On va donc jouer sur ça. C’est quand même un manga de « baston » donc à la base tout ce qui était statique était à mettre de côté. Mais le fait d’avoir choisis de faire du diorama (et on va rester sur du diorama sur DBZ, en dehors de quelques exclusives, comme Bardock) c’est pour faire des scènes cultes de l’anime.

Il y a tellement d’époques et de passages mythiques qu’il m’est difficile de te citer ce que ça représente pour moi. Mais une chose est sûre, je ne serais pas là où j’en suis sans Dragon Ball Z.

C’est Dragon Ball Z qui a changé ma vie. J’ai suivi « Dragon Ball » à la télé quand j’étais petit, mais je ne m’y suis vraiment remis que plus tard. Mais « Dragon Ball Z », je suivais à la télé, au Club Dorothée… Même mon frangin (qui a 9 ans de plus), m’a vraiment mit dedans en version japonaise.

J’ai une anecdote sympa à ce sujet : Quand je lisais les tomes japonais de DB, je ne comprenais pas. Donc, quand on a découvert Freeza, pour nous c’était une meuf ! A cause de son rouge à lèvres et tout, on se posait des questions… On suivait tout en japonais malgré tout et j’ai d’ailleurs aussi une collection de toutes les Power Levels [Super Battle] qui existent.

Depuis tout petit je suis vraiment fan de Dragon Ball et ça a vraiment changé ma vie. Il y a deux mangas qui ont changés ma vie : Dragon Ball Z ; car ça m’a foutu complètement dedans, et après j’ai eu une petite période où je me suis un peu perdu, comme beaucoup d’ados… à faire un peu n’importe quoi, et là, Naruto m’a remit dedans. C’est là que je me suis dis « je dois absolument monter un truc là dedans, car ça me manque trop ».

C’est donc une histoire super forte que j’ai avec Dragon Ball et depuis tout petit je dis à mes parents que je veux être là dedans (travailler dans le milieu des mangas et animes) et que le reste ça ne m’intéresse pas. Donc c’est assez bizarre… Quand j’ai eu la licence j’étais comme un fou…

Oui, on était tous comme des fous lors de l’annonce, je pense. Comment as-tu fait pour obtenir cette licence auprès de Toei Animation ?

C’est assez drôle, puisque c’est très compliqué d’obtenir cette licence. J’ai eu la chance de rencontrer plein de gens qui m’ont permis de remonter le plus haut possible au Japon pour convaincre.

La raison pour laquelle j’ai fais Piccolo – c’est important de le dire –  c’est aussi parce que, lorsque j’ai dû convaincre, j’étais avec M. Torishima, qui était le big boss de la Shueisha, et j’ai eu l’opportunité de pouvoir m’exprimer, de dire ce que je pensais de Dragon Ball et quel serait mon choix (de statue) s’il ne devait y en avoir qu’un seul. Je pense l’avoir pas mal surpris par rapport à ça, car je pense qu’il s’attendait à ce que je lui dise Gokû, Gokû Super Saiyan 3, ou Broly… Mais je lui ai dis, « Je ferai Piccolo qui protège Gohan ». Car ça représente beaucoup pour moi. C’est le sacrifice, la rédemption… Le message est exeptionnel : T’es quelqu’un de mauvais, qui a fait des erreurs dans ta vie et tu peux revenir en arrière et te rendre compte que l’amour est au dessus de tout… C’est super fort. J’avais vraiment envie de marquer le coup avec ça.

Dans Dragon Ball, dans les mangas et tout ce qui est lié à nos Univers il y a aussi des messages ultra forts. Vachement plus fort que juste « la bagarre ». C’est ça qui me saoule un peu, aussi ; dès lors qu’on attribue une image à Dragon Ball c’est la bagarre. Je voulais donc casser ce truc là, même si il y a cartes de la baston, – et on adore tous ça, j’ai jamais dit le contraire, en tant que fan de Ken ou de Jojo – mais pour moi ce n’est pas représentatif. Car c’est le coeur qu’il y a dans cet anime et ce manga et c’est ce que j’avais envie de mettre en avant.

Il faut savoir aussi qu’au Japon il y a des sponsors lorsqu’on veut créer un anime. Car celui-ci doit être financé. Car il coûte très cher. Un épisode peut parfois coûter entre 100 000 et 200 000 euros. Donc quand tu fais 100 ou 150 épisodes, tu vois la somme que ça représente. Pour ça il faut donc que des sponsors mettent de l’argent. Ensuite, pour que ces sponsors puissent récupérer cet argent, il faut qu’ils fassent des produits dérivés. Il n’y a pas trente mille solutions. Il y a donc Shueisha qui va prendre une partie des recettes, Toei Animation qui va prendre une autre partie, sur tout ce qui est dérivé de l’anime, et à côté de ça tu vas aussi avoir Bandai, ou Kaiyoodo etc, en fonction de l’anime dont on parle.

Ils peuvent mettre 40 ou 50, parfois, et décident lors d’un comité s’ils continuent, s’arrêtent, ou s’il y a des décisions à prendre etc.

Voir la suite de cette interview exclusive, au sein de notre vidéo…

 

Crédit de la photo : Nicolas D.