Adaptation Castellane

La plus ancienne version espagnole fut produite en Espagne. Sa production était particulièrement complexe et souffrait de fréquentes interruptions, ce qui explique en partie la quantité de modifications et d’incohérences qu’elles contenait, causant parfois la confusion pour les téléspectateurs. Les doublages espagnoles (overdubs) furent enregistrés en cinq langues différentes et la diffusion régulière a subit de nombreuses interruptions du fait que la série était toujours en production.

En 1988, le barcelonais Mario Bistagne achète à AB Productions (qui détenait l’ensemble des droits pour l’Europe) les 26 premiers épisodes de la série Dragon Ball, pour les diffuser en Espagne. Ces premiers épisodes furent doublés en castillan et en catalan, à Barcelone, dans les studios Estudi Tramontana. L’année suivante, la plupart des télévisions régionales espagnoles existantes à cette époque, à l’exception de Telemadrid, commencent à émettre et a rediffuser ces 26 premiers épisodes. Le nom de la série change selon les régions. Canal Sur diffuse la série sous le nom de Bola de dragón, Televisión de Galicia sous le nom de As bolas máxicas,
Televisió de Catalunya et la Radiotelevisió Valenciana sous le nom de Bola de drac, et enfin, Euskal Telebista renomme ça en Dragoi Bola.

En dépit de l’adaptation qui est réalisée depuis l’anglais des scripts originaux de Tōei Animation et qui contenait pourtant de nombreuses censures et coupes de séquences qui avaient été pratiquées en France, la première partie de la série fonctionne bien et toutes les chaînes, à l’exception de Canal Sur, s’intéressent à la suite des épisodes. En 1990, la suite de la série est achetée directement auprès d’AB Distribution. Le soucis est que, les masters vidéo envoyés sont ceux de la version française (qui contient de nombreuses coupes) et qu’en plus, les dialogues sont adaptés depuis cette base. Les versions espagnoles héritent ainsi des nombreux changements et erreurs de la version française alors même qu’elles n’ont pas commencées à être traduites et qu’elles n’étaient pas à l’abris de produire elles-mêmes de nouvelles erreurs et de nouvelles modifications. De plus, la télévision catalane tient à ce que les épisodes soient fait en catalan, contrairement à ce qui s’est passé pour les 26 premiers épisodes de la série, qui furent doublés sous la direction de Mario Bistagne. Ceci provoqua un lourd changement dans le casting.

Suite au succès de la série sur les autres chaîne, en 1991, Canal Sur décide finalement d’acquérir la suite de celle-ci et obtient les épisodes suivants (à partir du 27) des mains du groupe AB. Mais, Canal Sur est une jeune chaîne très inexpérimenté, et ils n’ont pas pour tradition de produire de nombreux doublages, à Séville, ville depuis laquelle la chaîne émet. De ce fait, afin de doubler la suite de la série en castillan, à partir du 27ème épisode, ils doivent faire face à de nombreux problèmes : des traducteurs non-professionnels, des changements de directeurs de doublage, la faillite de studios de doublages etc. Bref, rien qui ne permit de faciliter la tâche. De plus, les voix des personnages changent toutes à partir de l’épisode 27, puisqu’il fallut continuer à Séville. Afin de gagner du temps, les épisodes ont donc été traduits depuis la version galicienne qui est très avancée. Malheureusement, cela a eu pour effet de provoquer des erreurs et des changements en additionnant celles de la version française et celles de la version galicienne.
En plus de son drôle de doublage, la version galicienne permet l’intégration des changements de noms comme par exemple « OndaVitale » pour désigner le Genkidama, « Songohanda » ou encore « Mutenroi » . La version espagnole se retrouve du même coup, avec pas mal d’erreurs et de dialogues inventés, sans omettre le fait qu’elle contribue également à produire ses propres maladresses. Dans le même temps, la version catalane, la version valencienne et la version basque restent étrangers à ces changements, mais héritent pourtant des nombreux changements dû à la version française, comme par exemple Saiyajin qui devient « Guerreros del espacio » (Guerrier de l’espace).

Fin 1991, Telemadrid diffuse pour la première fois la série, avec les 26 premiers épisodes de Mario Bistagne. Canal Sur en fait de même et rediffuse la série, mais celle-ci subit de nombreux arrêts, malgré tout. L’un de ces arrêts soudain survient après l’épisode 104 de Dragon Ball Z. La prochaine série d’épisode achetée en France contenait les épisodes 105 à 146. Mais elle n’était pas encore doublée en français. La version espagnole a donc bénéficié des masters originaux japonais sans aucune censure, ainsi que des scripts originaux qui n’était donc pas modifiés par la version française. La version castillane a donc commencé à faire sa propre traduction des documents soumis par AB, sans reprendre la version galicienne pour base, et a pu produire la suite de la série. Ceci explique par exemple, que dans l’épisode 118 on entend Kuririn dire « Kame-Hame-Ha » dans la version castillane, alors qu’auparavant cette technique avait été renommée « Onda Vitale » depuis la série Dragon Ball qui avait hérité des adaptations des versions françaises et galiciennes.

Cette partie de la série (DBZ 105 à 146) dispose donc de moins d’erreurs de traductions, puisqu’elle ne tient pas compte des autres versions espagnoles et changements précédemment apportés.

Après une longue pose survenue après la diffusion de l’épisode 146 de Dragon Ball Z et plusieurs rediffusions, Canal Sur a annoncé qu’ils allaient arrêter la série suite à la protestation de certaines associations. De son côté, fin 1993, Telemadrid décide de financer le doublage des épisodes 147 à 167, à Séville. Une fois encore, cette partie de la série échappe à la médiation de la version française et les dialogues sont basés sur les masters vidéo. Mais pour la énième fois, le traducteur de la version castillane change sur cette partie de la série. En janvier 1994, Telemadrid diffuse l’épisode 167 et annonce ensuite la fin de la programmation.

Pendant ce temps là, d’autres télévisions régionales ne suivent pas le même mouvement et continuent leur diffusion petit à petit, sans la médiation de la version française. Seul Canal Nou arrête la série après avoir diffusé l’épisode 213 de Dragon Ball Z.

Début 1997, la télévision nationale en langue castillane, Antena 3 Televisión diffuse Dragon Ball et Dragon Ball Z. Il s’agissait des même versions que celles diffusées sur Canal Sur. Mais pour atteindre l’épisode 167 (Canal Sur s‘étant arrêté à l‘épisode 146 de DBZ), Antena 3 Televisión dû reprendre pour base le travail réalisé à Séville (puisqu’ils n’avaient pas la version originale) pour continuer le doublage en castillan. Certaines voix avaient changées, ainsi que les traducteurs et le directeur de doublage. Mais surtout, AB était maintenant en mesure de fournir des versions françaises des épisodes 167 à 291, ce qui pu servir de base de travail pour Antena 3. Les masters donnés par AB Productions contenaient de nombreuses coupures et les dialogues français étaient bourrés d’erreurs et d’incohérences, comme par exemple le Kame-Hame-Ha qui devient « Luz infinita » (Lumière infinie) pendant la période du Cell Game, pour ne citer que ça. Cette adaptation foireuse est propre aux versions travaillées depuis la version française d’AB et n’existe pas en version galicienne ou catalane par exemple. De plus, Atena 3 a pratiqué sa propre censure sur les premiers épisodes de la première série, ce qu’aucune autre chaîne n’avait fait jusqu’à présent en Espagne.

En 1997, le distributeur vidéo Manga Films, qui avait déjà distribué les films Dragon Ball et Dragon Ball Z (dont certains furent diffusés sur les télévisions régionales) acquiert les droits de la série Dragon Ball GT, avec l’intention de la distribuer en VHS tri-mensuel (avec trois épisodes par VHS). Le doublage est de nouveau commandé à Séville, dans un nouveau studio de doublage : Alta Frecuencia Sevilla España. Les voix des personnages sont malgré tout conservées pour l’immense majorité et Manga Films bénéficie en plus des masters et scripts originaux fournis par AB, car la version française n’avait pas encore été réalisée à cette époque (elle ne sortira qu’en 1999). Cette nouvelle version espagnole est, du coup, beaucoup plus fidèle à la version japonaise, elle est non-censurée et sera diffusée telle qu’elle, quelques années plus tard, par Antena 3. A la même époque, certaines chaînes de télévision régionales ont également fait adapter cette troisième série dans leur langue.

Au milieu des années 2000, la chaîne d’ambition nationale Cuatro a diffusée l’intégralité de la série Dragon Ball GT, avec l même doublage et les même masters que ceux diffusés sur Antena 3. Finalement, la série Dragon Ball Z fut également rediffusée à la fin de la décennie, sur la chaîne jeunesse Boing, avec les mêmes masters et le même doublage castillan que tous ses autres prédécesseurs.

Entre temps, Selecta Visión a édité toute la série en DVD dans une version remasterisée et non-censurée, qui contient les doublages castillan, galicien, catalan, basque et bien sûr la version originale japonaise. On note l’absence de la version valencienne, mais la présence de sous-titres en castillan uniquement, basés sur les dialogues originaux, occultant du même fait les erreurs et incohérences contenues dans les adaptations locales.

Contrairement à la France, en Espagne les produits dérivés sortis autour de Dragon Ball n’ont presque pas hérités des mauvaises adaptations. La plupart des produits étaient estampillés avec les noms originaux et affichaient même souvent le titre original « Dragon Ball ». Le comic original a en effet été publié en 1992, et depuis cette époque (et pas avant), il y eu une forte explosion de merchandising autour de DB. Les divers doublages n’ont semble-t-il pas trop influer sur les produits à cette époque, ce qui n’est pas plus mal.

Le 19 septembre 2011, Dragon Ball Z Kai débarque sur la télévision catalane, puis sur la télé galicienne et basque. La traduction de l’ensemble de la série a été réalisée à partir du script original en anglais, mais dans une certaine mesure, elle conserve une certaine continuité avec certaines adaptations du passé. La version catalane conserve ainsi certaines adaptations de doublages antérieurs comme « Guerreros del espacio » (Guerriers de l’espace) pour Saiyajin, ou encore « Satanas Cor Petit » au lieu de Piccolo. La version galicienne, a quant à elle, maintenu les termes « Onda Vital » et « Songohanda », mais pas « Guerreros del espacio ». Ils ont malgré tout remplacé le nom Kakarotto par « Cachalote », chose que l’on retrouve également dans la version valencien, pendant la période des humains artificiels. A vrai dire, cette adaptation foireuse vient de la version française à l’origine, puisque Kakarotto avait été renommé « Cachalot » pour quelques épisodes.

A ce jour, il n’y a pas d’information officielle quant à l’acquisition de la série Dragon Ball Z Kai par une chaîne de langue castillane, malgré le fait qu’Arait Multimedia détient les droits pour l’ensemble du territoire national.