Dragon Ball Anime Illustration Collection :

Kin’iro no Senshi (Le Guerrier Doré)

TheGoldenWariorBook

Dragon Ball Back Then, vol.3

Entretien avec Katsuyoshi Nakatsuru, Character Designer de Dragon Ball Z et Dragon Ball GT.

Je me sens énergique quand je regarde les dessins de Toriyama-sensei. Je tire de la force de ces dessins.

 

Le profil de Nakatsuru : 

Animateur, il a occupé le poste de Superviseur de l’animation sur les séries TV Dragon Ball. Parmi les œuvres qui le représentent, il y a l’animé Beet the Vandel Buster (chara-designer) et Digimon Adventure (chara-designer).

Vous étiez en charge du chara-design de Dragon Ball GT, mais vous avez basé vos designs sur les dessins que Toriyama-sensei avait fait pour l’animé, montrant Gokū et les autres 10 ans* après le dernier chapitre de l’œuvre originale.

*[Note : par respect pour les deux interlocuteurs, cette traduction reprend au plus près ce qui a été dit. Seulement, le journaliste fait allusion à « 10 ans après le manga ». Or, Dragon Ball GT se passe en réalité 5 ans après le dernier chapitre du manga].

En effet, comme nous disposions de ces premiers dessins, c’était relativement simple, mais nous avons également ajouté quelques petites touches pour l’animé. Par exemple, « Gokū a le physique d’un enfant mais il est adulte à l’intérieur », alors nous devions prendre garde à bien représenter les lignes de ses joues pour qu’il ne ressemble pas à un enfant.

Le Super Saiyan 4, qui apparaît dans la seconde partie de GT était l’un de vos designs, mais j’étais surpris de voir combien le design était inhabituel.

Il y avait beaucoup d’opinion très différentes à propos de ce design. C’était mon idée que de faire le corps rouge. GT était conçu comme une suite, et quand les producteurs m’ont dit de dessiner le Super Saiyan 4, j’ai fait « Ee———-h !? » (rire tendu). Personnellement, j’avais l’impression qu’ils étaient allé si loin en ayant recours à des choses comme la Fusion et l’Assimilation dans l’histoire orginale que je me suis demandé si nous devions aller encore plus loin. C’était une responsabilité incroyable. Les transformations de Gokū sont une part importante de la série, aussi, j’ai agi en fonction de ce qu’il y avait de mieux à faire.

Les cheveux et la fourrure rouge sur tout le corps sont ce qui placent le Super Saiyan 4 vraiment à part.

L’idée de cette chevelure était de prendre une direction différente du Super Saiyan 3 et de le rendre sauvage. J’ai opté pour une fourrure rouge parce que cela donne une impression de puissance. J’accorde beaucoup d’importance à ce genre d’impression (rires). Dès les images de la phase de planification, l’idée avait été de combiner Gokū Oozaru et Gokū Super Saiyan. Un Gokū avec un pouvoir primitif, ce genre de choses.

Alors c’est pour ça que son corps entier est couvert de fourrure. En plus de la version finale du design, y-a-t-il eu d’autres designs esquissés ?

Il n’y avait pas d’autres design en dehors du dessin final. Seulement le même mais avec d’autres couleurs ; J’avais même fait une version avec les cheveux dorés. Cependant, cette version aux cheveux noirs avait un meilleur rendu et j’ai donc opté pour cette version. La combinaison du noir et du rouge permet un rendu plus dynamique.

Kid Gokû - Nakatsuru Interview

Son Gokū redevenu enfant dans Dragon Ball GT – Settei dessiné par Katsuyoshi Nakatsuru

 

Dans le livret de la Dragon Box de Dragon Ball GT, Toriyama-sensei a dessiné le Super Saiyan 4.

J’étais profondément ému que (Toriyama)-sensei ait assez de bonté pour dessiner un personnage exclusivement tiré de l’animé. À cette époque, il y avait une fête pour commémorer la fin de l’animé et Toriyama-sensei s’est montré particulièrement aimable en dessinant la version de Gokū enfant provenant de Dragon Ball GT pour moi sur papier et en couleurs. Alors je suis en quelque sorte attaché à ce Gokū aussi. Je me suis dit « je suis un fan heureux » (rires).

Et c’est ainsi que vous avez continué en tant que directeur du Character Design sur Dragon Ball ?

Même lorsque j’étais Character Designer, j’étais heureux de dessiner des adaptations des travaux de Toriyama (rires). Avant que Dragon Ball ne soit diffusé, l’éditeur de Toriyama-sensei a emporté à Nagoya une fiche modèle de Gokū enfant, là où vit Sensei, et j’étais ravi quand ce dernier l’a validée et renvoyée avec très peu de corrections.

Très longtemps, vous avez été sollicité par les adaptations animées des œuvres de Toriyama. Selon votre point de vue, qu’est-ce qui était attrayant dans les dessins ?

De toute évidence, il y a un énorme attrait émanant de l’aspect technique de ces dessins. Je peux me sentir énergique juste en regardant les dessins de (Toriyama)-sensei. On pourrait dire que je reçois le pouvoir de ses dessins… tandis que ceux qui ne dessinent pas ne peuvent pas s’en rendre compte. Pour ceux qui dessinent, beaucoup de force est transmise de cette manière. Pour moi, c’est ça, la partie la plus attrayante.

Son sens du design est incroyable, également.

En ce qui concerne la liberté d’expression dans les designs ou leur nombreuses variations, je pense que je ne suis pas le meilleur. Quand je travaillais sur les films, j’aimais beaucoup voir les designs que (Toriyama)-sensei m’envoyait pour les ennemis. Parfois, je recevais même les dessins originaux et je me disais « WOW ! Une nouvelle illustration en couleurs !! ». Cela m’a beaucoup marqué ; Je ne suis seulement qu’un de ses fans (rires).

J’ai apprécié quand le reste de l’équipe chargée de l’animé et moi-même pouvions échanger ainsi avec (Toriyama)-sensei ainsi. À l’époque où j’ai conçu le design de Bardock, issu du TV Special Dragon Ball Z, même si le concept était qu’il ressemble à Gokū, je pensais que ce serait une mauvaise idée que les deux personnages soient trop similaires. Alors je lui ai dessiné une coiffure légèrement différente et j’ai envoyé le design à (Toriyama)-sensei. Ensuite, (Toriyama)-sensei m’a renvoyé le design en disant que ça ne posait pas de problème que la chevelure soit la même que celle de Gokū.
Alors, même pour de petites choses comme ça, je ne pouvais pas m’empêcher de penser ô combien (Toriyama)-sensei pouvait être incroyable (rires).

Les designs de (Toriyama)-sensei ont eux-mêmes changé durant la publication de Dragon Ball.

J’ai l’impression que Toriyama-sensei est une personne qui se pousse à évoluer en usant de son esprit incroyablement fin pour choisir comment représenter ses dessins. Par exemple, il ne lui a fallu qu’un an pour passer de son trait initial au trait raffiné de Dr Slump. J’ai l’impression que (Toriyama)-sensei raffine tout. De chaque ligne à chaque silhouette ou chaque partie individuelle des corps qu’il représente, de sorte que même s’il ne s’agit que d’un dessin de Gokū qui se tient debout, il peut sans effort dessiner une pose qui a l’air cool et possède un bon rendu.

Mes propres dessins ne sont pas raffinés, alors je ne peux produire de dessin pour des travaux de Toriyama sans m’entraîner. Bien que je dessine des illustrations pour Dragon Ball depuis longtemps, même maintenant quand j’observe mes anciens travaux, je pense « Mais, qu’est-ce que c’est supposé être ? ». Mais si j’avais la finesse pour ça, je pourrais améliorer ce qui ne va pas.
En fait, même les personnes expérimentées produisent des choses dont elles ne sont plus très fières ensuite, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que je ne le rattraperai jamais de ma vie.

Une représentation du design du Super Saiyan 4 réalisée à des fins potentielles (note : par Katsuyoshi Nakatsuru). Cependant, il a été validé et utilisé pour la série animée sans modification particulière.

 

De toute la série, y a-t-il une scène qui vous a particulièrement marqué ?

C’est la scène où Gokū enfant est confronté à Piccolo Daimaō rajeuni. La scène où il fronce les sourcils en fixant directement Piccolo. J’ai trouvé ça tellement cool ! Dans l’animé, cette scène avait été animée par un animateur nommé Masaki Satō-kun. Mais la manière dont Satō-kun a dessiné cette pose était tellement bonne que ça ne laissait aucune place aux reproches ; J’ai été incroyablement surpris !
 
Je suppose que c’est à partir de là que tout le monde et moi-même avons vraiment été influencés par Satō-kun et avons changé nos styles respectifs. En ce temps, nous autres, animateurs, étions des amis qui réalisaient la série ensemble et à cette époque, il y avait un sentiment de rivalité. Quand nous regardions le film/l’épisode complété, nous pensions : « alors XX-kun peut dessiner ainsi… ! ».
Même maintenant, je pense que cette scène que Masaki Satō-kun a dessiné est la meilleure.

Dans le dernier épisode de Dragon Ball GT, vous avez dessiné les celluloïds originaux de la scène où Gokū se retourne à la toute fin. Vous souvenez-vous du moment où vous avez terminé ces dessins ?

J’étais très solennel et je pensais : « une fois que j’aurai dessiné ça, ce sera la fin ». Plus tard, j’ai pensé « malgré le fait que je l’ai dessiné pendant si longtemps, je ne suis pas comme Gokū » (rires). C’est incroyable de voir que, même si elle a plus de 10 ans, la série est toujours aimée à travers le monde. La façon dont on lit un manga et dont dure une série a changée depuis mon enfance. C’est devenu tel que maintenant, une œuvre peut être transmise de père en fils et aimée par deux ou même trois générations. Je pense que c’est devenu comme Superman en Amérique, qui continue à être dessiné et aimé depuis des décennies. Peut-être que si Dragon Ball était né en Amérique, ils auraient changé l’auteur et conçu beaucoup d’histoires parallèles.

Je suppose que nombreux sont les fans qui voudraient voir de nouvelles productions concernant Dragon Ball, qu’il s’agisse du manga ou de l’animé.

Concernant mon propre avis, s’il s’agissait de l’animé ou d’un film par exemple, les gens pourraient le regarder sans problème. Mais si l’on parle seulement du manga, je pense qu’une œuvre appartient à son auteur et qu’il serait difficile d’accepter que l’œuvre soit faite par quelqu’un d’autre. Les gars avec qui je dessine l’animé ne veulent pas que je le dise, mais bon (rires).

Pour finir, cela peut sembler être une question abstraite, mais y a-t-il quelque chose que vous avez gagné grâce à votre participation aux séries Dragon Ball ?

J’ai beaucoup gagné ! Je pense que grâce à cette licence, j’ai appris beaucoup de Toriyama-sensei, comme la façon de dessiner, évidemment, mais aussi comment retranscrire des idées. Ce n’est pas seulement imiter les formes des personnages que je dessine, mais plutôt le fait que j’ai été autorisé à étudier la manière de représenter certaines expressions. Malgré le fait que depuis 20 ans et qu’aujourd’hui encore je tente de rattraper Toriyama-sensei, j’ai toujours eu l’impression que, sûrement, je ne pourrais jamais le rattraper, (Toriyama)-sensei est vraiment incroyable. On pourrait dire que c’est un mur que je suis éternellement incapable de surmonter. Je pense que Toriyama-sensei est vraiment une personne épatante.